Druidisme
La Médecine Des Druides
Il est impossible de comprendre ce qu’est la médecine Druidique sans comprendre ce qu’est le Druidisme lui –même. Cette spiritualité hérité du fond des âges de nos contrées ne dissocie pas l’humain de son passé, de son présent de son futur, ne le coupe pas de ses ancêtres, de ses enfants. Le Druide a les pieds profondément plantés dans le sol de sa Mère la Terre, la Tête bien face à l’horizon du présent et les bras lancés vers le Ciel tels les branches d’un arbre … Il n’est pas dissociés des autres règnes, végétal, minéral, animal. Il considère que l’ensemble des Eléments composant le cosmos, comme l’ensemble des entités l’habitant, font partie d’un ensemble indissociable. Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. Tout est interdépendant au sein d’une spirale cyclique qui lit dans un geste d’Amour l’Homme à la Terre, au Ciel et aux cinq éléments que sont Terre, Air, Eau, Feu et Brouillard. Une seule de ces partie est atteinte et les autres périclitent. Un seul règne souffre et les autres en écho souffrent aussi. .. Le Druide à la fois fils de la Terre et du Ciel rencontre à la fois sa propre face solaire et sa face lunaire, son coté lumineux et son coté obscur. Il y a ce que l’on voit (le corps, la matière) et ce qu’on ne voit pas (l’âme, l’esprit) le tout formant la Vie. Ainsi donc l’être humain lui –même est un ensemble. Cet ensemble fait du corps physique, mental et spirituel, est non seulement indissociable mais interdépendant. Il ne sera donc pas possible de concevoir pour lui une médecine qui dissocie les corps ou les parties du corps. La qualité des échanges entres ses différents corps va définir l’état de santé de l’humain, l’héritage physique mais aussi mental, émotionnel et spirituel tant par la lignée familiale que par l’éventuelle réincarnation qui vont marquer l’humain. Les échanges entre les différents corps et les éléments environnemental, l’Etat de la Terre, la qualité de l’eau bue etc. vont avoir tout autant d’influence
Proche des Eléments, enfant du Ciel et de la Terre, c’est en accord avec eux que le Druide va chercher la guérison. Soit en travaillant sur les corps subtils ( psychosynthèse, psychothérapie, médecine shamanique …) soit en travaillant sur les corps matériels. A ce titre il utilise essentiellement des techniques dites naturelles dans ce sens ou elles n’utilisent que des ressources issues des Mondes Naturels (phytothérapie, aromathérapie ; fleurs de Bach, Hydrothérapie , chirurgie sans intervention chimique …)
Si cette approche fait du Druidisant un adepte des médecines naturelles, il ne sera pas fermé aux besoins d’urgence, aux urgences chimiques. La différence sera dans la manière de gérer cette approche et de l’utiliser. Il est des cas, rares, mais réels de besoin d’utilisation des antibiotiques (qui à l’origine ne sont des champignons !) des cas d’urgence d’utilisation de chimiothérapie (et peut-on imaginer se faire opérer de l’appendicite sans être endormi ? ). La différence est la parcimonie de cette pratique, uniquement dans les cas extrêmes et urgents, uniquement en sachant le mal avancé et dangereux, avec si possible des thérapies complémentaires pour compenser, remplacer peu à peu.
Quelle que soit l’acte à pratiquer médicalement, le Druide ne perd jamais de vue l’appel premier à la Nature des choses, l’interdépendance des choses, leur globalité.
Qu’en était –il des Druides antiques. L’excellent ouvrage de le Scouezec sur la médecine Druidique nous décrit parfaitement les différentes médecines antiques Druidiques, plantes, magiques et chirurgicale. Les détails et extraits de texte, mythes et autres sources nous laisse facilement voir l’utilisation des plantes, et surtout des plantes dites « magiques », c’est à dire dangereuses si mal utilisées …(voir aussi l’ouvrage Magie, Médecine et Divination chez les Druides de C Guyonvarc’h ed Ouest-France)
La médecine Druidique est à la fois une médecine shamanique et magique, elle est capable de faire appel aux forces inconscientes. C’est aussi une médecine de pointe puisqu’elle sait utiliser les techniques de son époque . C’est encore une médecine respectueuse de l’homme et de son environnement puisqu’elle agira toujours dans le sens des Lois Naturelles avec des techniques naturelles.
Tout acte médicinal est dans le Druidisme un Acte Sacré, puisqu’il s’adresse à l’être humain lui-même Sacré en interdépendance dans un Univers Naturel Sacré. Le but de cette médecine est de remettre dans la Danse Universelle ceux qui se sont égarés, perdus, coupés du Monde et qui par la même souffrent …
Si l’homme n’est pas dissociable de son environnement, si son corps n’est pas dissociable de son âme, les techniques médicales ne sont pas non plus dissociables, entre magie et actes physiques le Druide Médecin agira sur tous les plans, du plus subtil au plus physique.
Nous l’avons dit les Druides anciens n’hésitaient pas à utiliser la chirurgie réparatoire c’est à dire qu’ils n’hésitent pas à intervenir physiquement et scientifiquement sur le corps (trépanation, opération, chirurgie des yeux …). Cela ne peut toutefois se faire indépendamment d’une intervention sur les modes plus subtils que sont l’esprit, l’âme, les autres mondes.
Qu’en est-il aujourd’hui ?
L’intervention sur les autres mondes se fait par la pratique d’actes dit magiques et autres incantations. Qu’est ce qu’une médecine magique sinon une technique qui fait appel à ceux que certains appelleront les autres mondes et d’autres les forces inconscientes
Il est plus que jamais question de « touchers thérapeutiques », « Naturopathie holistiques » et autres nouveaux termes ou la médecine reconnaît et traite tant l’esprit que le corps, l’esprit du malade que l’esprit du mal, l’esprit du médicament (D. Grandgeorges, L’esprit du remède homéopathique). Cela est-il si différent des techniques ancestrales qui « chassent » l’esprit des maladies ? Lorsqu’on l’on fait appel aux forces inconscientes reliées à l’inconscient collectif est-on vraiment loin des demandes de guérison miraculeuses par intervention Divines ( ex-voto jetés dans les Sources de la Seine) ? A ce titre le Druide actuel pratique la même approche médicale que ses lointains ancêtres.
Techniques principales
Le respect de la vie en toutes choses, l’approche animiste, panthéiste, font que le Druidisme s’attache plus à prévenir qu’à guérir, il préconise donc avant tout une hygiène de vie digne de ce nom. : Respect de soi tant spirituel, moral que physique
Lorsque la maladie, la souffrance sont là les, outils seront principalement naturels :
La technique la plus connue (tant chez les anciens qu’aujourd’hui) est la phytothérapie.
La plante sera utilisé tant pour ses vertus connues scientifiquement que pour son profil signé.. En quelque sorte la force symbolique que recèle le végétal, (ou minéral, animal comme en homéopathie) sera tout autant utilisé que ses valeurs biochimiques. Le symbole est le langage de l’autre monde, celui des esprits. Apprendre à le décrypter, le comprendre, le ressentir, l’utiliser est partie intégrante du Shaman, du Druide, du Médecin holistique qui si il soigne le corps n’oublie pas de s’adresser à l’âme dans le langage approprié.
C’est ainsi que le Millepertuis percé de mille trous sanguinolents cicatrisera les plaies les plus coupées…….
Il est tentant de dire qu’il n’existe pas une, mais des médecines Druidiques, comme il n’existe pas un Druidisme mais une Spiritualité que chacun peut vivre en lui face à lui. Il est simplement aussi aisé de constater que tout ce qui concerne cette approche tant spirituelle que médicale tourne autour d’un seul axe, la connaissance et le respect du Vivant, du cycle des Vies/Morts, le respect des lois de la Nature. Si une intervention doit être faite , quelque soit cette intervention, chirurgicale, magique, incantatoire, elle sera toujours faites dans le sens des lois Naturelles. Ceci implique une acceptation de la mort comme mouvement descendant d’un cycle et dont la partie active/vie ne serait pas maintenue à tous prix, encore moins générée à tous prix. Les clones et autres jeux avec le vivant sont à l’opposé de la pensée Druidique qui s’attachera à servir la vie là où l’Energie ne demande qu’à éclore !
Nous sommes loin des images d’Epinal du Druide armée de sa seule potion magique et des ses grelots d’incantation pour soigner le « pôvre » peuple de barbare. Nous avons en nous, pour nous une médecine holistique et respectueuse, ancestrale et actuelle.
Si le Druide va faire appel à ses connaissances scientifiques et « magiques » il va aussi se laisser guider par l’Energie de l’inconscient collectif ou rode encore l’âme des Druides guérisseurs anciens. Il va aussi laisser Diancecht, Miach, Airmed inspirer son âme …
Syd
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La Divination
“Divination,from them is known, and by the knife the wingbone is a Sibylline page.”
(Que l’on pourrait traduire, “C’est d’eux / que la divination se sait, et par le couteau l’os de l’aile se fait / page sibylline.”)
Nuinn, extrait de “It’s All Bloody Greek to Me — One”
Samonios est une époque de l’année qui prédispose à la réflexion. La pente laisse doucement glisser vers le non-temps, ces temps sans nom où les règles ne tiennent plus, où les limites sont reculées, et les portes donnent sur l’impossible. Sensible comme tout un chacun à cet air du temps, je me suis mise à réfléchir … à la divination
On sait qu’elle fut une des disciplines dévolues aux Ovates, et assurément aussi de nos ancêtres, même ceux des temps les plus reculés qui n’en ont laissé guère de traces. Aujourd’hui la divination signifie, pour différentes personnes, des choses bien différentes. Pour un petit nombre, c’est une entreprise ardue, qui recouvre une vie entière en en réclamant une part importante. Pour bien d’autres, elle n’est qu’un simple passe-temps de salon, un jeu pris à moitié au sérieux l’espace d’un instant, pour être oublié aussitôt après. Quel que soit le regard qu’on y porte, la divination représente un moyen pour accéder à une connaissance de ce qui autrement resterait caché à nos yeux. Comme son étymologie l’indique, la divination est indissociable du divin—elle émane des Dieux. Et pourtant, dans son utilisation la plus banale, elle équivaut à une simple hypothèse, un cas de figure, parmi d’autres, que l’on peut envisager.
Même chez ceux qui, sur le plan intellectuel, se déclarent plus que sceptiques face au principe même de la divination prise au sens noble, les prévisions météorologiques du vieux cultivateur, du vieux matelot qui, sur le port, scrute ciel et mer et tire son renseignement d’aucun élément physique visible ou tangible, ne semblent pas poser de problème réel. Celui-ci se contente de la “sentir dans le vent”, ou ce sont “ses vieux os qui l’on renseigné”. Imaginons à présent une telle justesse “d’instinct”, mais étendue à un champ plus vaste, à une application plus généralisée.
La chose à deviner peut se situer au passé, au présent, ou au futur. Dans ce dernier cas, là ou la prédestination veut que tout fut déterminé au début des temps, ceux prônant le libre arbitre verrait la prédiction en termes d’une “probabilité d’apparition”—une tendance, une propension.
Durant l’antiquité classique, le produit de la divination fut considéré comme informations concédées par les Dieux, et ceci dans des circonstances particulières et à des individus privilégiés, relevant souvent mais pas nécessairement du clergé. Parfois c’était au cours d’un état de transe que ces informations transitaient, et elles s’exprimaient par des vocables incohérents, bribes lacunaires, propos proprement sibyllins, parfois de purs non-sens en apparence. L’exemple le plus célèbre en est l’Oracle de Delphes. L’intervention divine se manifestait fréquemment aussi par le truchement de rêves prophétiques, dont abonde la Bible, parmi d’autres sources écrites. Ou bien, le don peut paraître spontanément, mais assorti à un prix à payer—malheur ou infirmité : cécité, crises d’épilepsie …
Cependant, serait-il si absurde de penser que les réponses à toutes choses, venues de tous les temps, pourraient en plus se trouver consignées, quoique sous des formes en mutation constante, dans le Livre, vaste et abscons, de la Nature—mais encodées, formulées dans un langage voilé, que bien peu de personnes seraient à même de déchiffrer, ne serait-ce que de façon fragmentaire et approximative ? La divination reviendrait peut-être alors au simple art de “vanner”, distinguer entre le signifiant et l’aléatoire, savoir identifier une structure ordonnée (pattern recognition—reconnaissance de forme), là où le simple passant ne verrait qu’un amas d’éléments apparemment sans sens aucun : grains innombrables de sable qui scintillent sur une plage ensoleillée, jeu d’ombre et de lumière sur les feuilles d’un seul arbre, dans leur multiplicité et leur variabilité. Une chose au moins est certaine : si nous espérons voir, d’abord nous faut-il regarder, et pour entendre nous devons tendre l’oreille. Ainsi la toute première clef est-elle obligatoirement la disponibilité, cet état de réceptivité, capacité à affiner à travers l’expérience, la discipline—et l’ouverture d’esprit. Pour deviner, il faut savoir se poser en médiateur, à cheval entre cet “Autre-Monde”, lequel fixerait à la fois le contenu et l’idiome énigmatique par laquelle il s’exprime, et ce monde-ci, le nôtre—médiateur dont le double rôle serait de recevoir et de transmettre.
Et alors, que peut-il y avoir dans le Livre de la Nature qui se prête à la lecture ? Des manifestions physiques, auxquelles la divination est traditionnellement associée, représentent une part importante. On pourrait songer à les classer en quatre catégories, par exemple.
Substances immobiles. Cette forme de divination dite scrying en anglais se sert de l’eau, de boules en cristal, de miroirs, etc., pour focaliser l’esprit et d’ouvrir les portails sur l’invisible.- Matières ou être vivants dont le mouvement est aléatoire. Souvent employés sont le feu, les nuages, les vols d’oiseaux, voire l’observation des victimes sacrifiées.
- Objets caractérisés par un mouvement complexe mais au moins partiellement prévisible : les étoiles. L’astrologie, sous une forme ou une autre, se retrouve chez toutes les cultures “évoluées”, et même chez certaines que l’on qualifie de “primitives”.
- Objets que l’on manipule. Ici, la liste est très longue. Celui en quête de l’information influe sur le résultat obtenu, sans le contrôler sciemment. Les cartes servent fréquemment de support à ce type de divination, comme le marc de café et les feuilles de thé, ou des objets suspendus faisant office de pendule. Autrefois, on avait recours à l’emploi de bâtonnets ou de petites pierres sur lesquelles étaient peintes ou taillées des symboles : runes, oghams, ou cœl brenn. Le mot allemand signifiant “lettre” (de l’alphabet), Buchstabe, fait allusion aux tiges en bois de hêtre où étaient inscrites des runes, et que l’on jetaient pour en interpréter la disposition. Également répandue est la consultation à l’aveuglette d’un livre sacré, l’ouvrant, lorsqu’on est à la recherche d’un bon conseil ou d’un éclairage, à une page au hasard. Des versions plus dégradées de cette pratique sont de faire pile ou face avec une pièce de monnaie ou d’effeuiller la marguerite : “Il m’aime …”
Peu importe le moyen utilisé, qui ne souhaiterait pas appréhender une chose, au moins, qui lui est caché, ne serait-ce que pour mieux se comprendre soi-même, connaître son potentiel, ou pour interpréter les actions et les motivations d’un proche ou d’une personne dont les actions sont déterminantes dans sa vie ? Et qui n’a pas un jour rêvé de se voir révéler quelque secret du passé, irrévocablement perdu pour ses contemporains ? Puis il y a ceux qui sont prêts à affronter l’avenir, soit osant apprendre l’inévitable—que le sort lui soit favorable ou défavorable—soit cherchant à se prémunir contre des dangers que, s’il en était averti, il pourrait encore y parer. En écartant tout scepticisme, le moment peut être bien choisi, un cycle de plus prenant fin et un nouveau débutant, pour nous interroger sur ce que nous voudrions le plus savoir (et pourquoi), si seulement nous le pouvions—quel rayon minuscule de lumière éclairant une parcelle de l’inconnu—puis pour nous aventurer hardiment, à feuilleter ce lexique illimité que la Nature met à notre portée et où se trouverait, profondément enfouie, cet objet convoité.
Gytha
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La Druidesse
Les druidesses ont-elles vraiment existé ?
Les chercheurs C.-J. Guyonvarc'h et F. Le Roux, qui ont longuement fouiller la question, déclarent catégoriquement :
"La druidesse de l'imagerie romantique est en effet un leurre ou une illusion. Nous n'avons aucune trace sérieuse d'un sacerdoce féminin, surtout pas chez César qui, s'il avait existé des collèges de druidesses en Gaule indépendante, aurait dû le remarquer". (in Les Druides p.40)
Relisons César, il dit bien que :
"La nation gauloise est tout entière adonnée aux pratiques religieuses…" (VI, 14, 16)
César dit bien que la nation tout entière est adonnée aux pratiques religieuses.
Ce qui revient à dire que la pratique religieuse était aussi une affaire de femme.
Pour le celtologue britannique Peter Berresford Ellis, il n'y a pas de doute : "Les druides étaient autant mâles que femelles". (Dictionary of Irish Mythology, p. 90)
- Jean-Paul Persigout quant à lui, la défini ainsi :
"Druidesses, femmes qui initient les gens, les héros tels que Cuchulainn et dont le pays est l'Écosse ; elles dispensent une éducation de type initiatique aux plans guerrier, magique (on les qualifie de sorcières et de prophétesses), sexuel, philosophique, traditionnel. On retrouve dans leurs activités les rôles essentiels de la Femme, initiatrice "érotico-guerrière" et poétesse, expression de deux visions indissociables de la Vie : l'Amour et la Mort. Les druidesses de l'île de Sein, Armorique, ont le pouvoir de revêtir des formes animales - souvent celles du Cygne ou de la Corneille -, celui de calmer le vent et les eaux". (Dictionnaire de mythologie celte, pp. 105-106)
- La druidesse dans les sources classiques latines (textes cités par Guyonvarc'h et Le Roux in Les Druides p. 41) :
"Une druidesse, sur son chemin, s'écria en langue gauloise : va mais n'espère pas la victoire et n'aie pas confiance en tes soldats." (Vie d'Alexandre Sévère LX.)
"(Dioclétien) disait en effet qu'à un certain moment Aurélien avait consulté des druidesses gauloises, cherchant à savoir si l'empire reste à ces descendants. Il dit qu'elle a avaient répondu : "Il n'y aura pas de nom plus illustre dans l'état que celui des descendants de Claude". Il est donc bien vrai que le présent empereur Constance est de la même race et je pense que ses descendants parviendront à la gloire qui leur a été prédite par les druidesses." (Vopiscus, Vie d'Aurélien XLIV.)
Ne nous détrompons-nous pas, dans toute la littérature celtique, la femme, en tant que dame du sidh (> sidos = "Paix"), est la messagère des dieux. Il n'est donc pas surprenant de la retrouver dans des rôles mystiques et magiques liés à la parole. Or justement, ce rôle (de première fonction) de médiatrice ou de communicative entre les dieux et les hommes dénote la position que la druidesse devait occuper au sein du sacrifice païen. Les habitants du Sidh, monde parfait de beauté, d'équilibre et de paix et inconnu des démons que sont les Fomoire, sont des dieux.
Le terme Ban-drui, femme druide est bien attestée dans la littérature médiévale irlandaise. Ce terme, par perte de prestige, est venu à désigner la magicienne, la sorcière, l'enchanteresse. Même dérive de sens que pour le masculin drui = "magicien", "conjureur de sorts", en langue irlandaise.
On a voulu reléguer la druidesse dans un rôle de sorcière, de pythie tout au plus. Non savons cependant que la femme avait accès aux occupations de son rang :
"Diancecht avait quatre fils : Cu, Cian, Cethen et Miach. Etan la poétesse était sa fille et Armed la femme-médecin était une autre fille de Diancecht. Cridinbel, Buidne et Casmael étaient les trois satiristes". (Livre des Conquêtes de l'Irlande)
Diancecht (< Danuuiacaceto = "la Prise Brutale") le dieu druide-medecin avait donc deux filles : Etan (< Etana "Poésie"), et Armed (< Aremedto = "l'Évaluation", "la bonne mesure"), la femme-médecin. Et comme affirment Guyonvarc'h et Le Roux : "Quelle fonction lui (Diancecht) assigner ou lui confier ? Ce n'est certainement pas non plus la troisième car la médecine est de rang druidique et les druides qui la pratiquaient ne cessent pas d'être druides pour autant". (La civilisation celtique, p. 139)
Armed était donc une druidesse pratiquant la médecine !
Etana et Armed, la femme-médecin selon l'ordre de tripartition :
1re fonction : médecine incantatoire :
Etan (< Etana = "Poésie"), la sœur d'Armed, épouse Ogma, le dieu de l'éloquence, elle est identifiée à Brigit, patronne des arts et de la médecine.
2e fonction : médecine sanglante ou chirurgicale :
Gardienne du puits de la Santé, elle est chirurgienne comme son père et son frère, elle assiste son frère Miach dans la greffe d'un œil de chat dans l'orbite du portier borgne de Nuada en recousant le nerf optique.
3e fonction : médecine artisanale ou naturelle :
Elle connaît par cœur toutes les herbes médicinales.
Un mot sur Etan / Brigit :
Brigit (< Brigantia) est la Déesse Druidesse par excellence; mère, sœur et fille du Dagda (Dagodeuos = "Bon Dieu"), le Dieu-Druide, Dieu des druides, c'est d'elle (en tant qu'Etana) que se réclament les poètes. Mère des poètes, des forgerons et des médecins, elle est la Druidesse des druidesses. C'est en son nom que sont consacrées les druidesses, incluant les poétesses, pythies, astrologues, enseignantes, femmes-médecins, sages-femmes, herboristes etc.
"Car les initiations guerrière et artisanale sont féminines, seule l'initiation sacerdotale est masculine". (in La civilisation celtique p. 137)
- Le druide initie le druide, consacre la druidesse
- La druidesse initie les guerriers et les artisans
Plus qu'une probabilité, un fait de l'antiquité, dans toute l'aire indo-européenne, il y a effectivement eu des femmes-prêtres. Non seulement les Celtes n'y échappent pas, mais au surplus, représentent l'ethnie où la femme trouve sa plus grande assise.
Or justement, nous savons par l'hindouisme et le bouddhisme qu'il y avait des femmes-prêtres en védisme. Pensons à la Striguru, la prêtresse initiatique enseignante hindoue et à la Kamanda, la prêtresse bouddhiste.
La liste est plus longue en fait : Deva-dàsa, la servante de monastère ou de temple ; la Kumara-tapas, la fille ascétique ; la Vratin, l'étudiante ou l'engagée en religion, la jeune dévote, l'ascétique ; la Pra-ôvrajita, la femme ascétique ou nonne, qui chez les Jaïns, est la femme mendiante qui a quitté la maison pour devenir religieuse. N'oublions pas aussi la Zramana, la mendiante, la nonne ainsi que la Zakya-bhiksuka, la nonne bouddhiste.
Il est évident que la femme, dans les sociétés indo-aryennes, avait dans sa caste un rôle secondaire à celui de l'homme, du père, frère, mari ou fils. La petite servante du temple était de caste brahmanique… et remplissait ainsi son dharma de fille de brahmane. Chez les Celtes on peut supposer une plus grande mobilité d'une classe à l'autre car on ne peut pas, dans ce cas, parler de caste figée.
« Or la tradition celtique accorde à la femme une place prépondérante dans les cycles initiatiques. Prophétesses, sorcières, enchanteresses, elles possèdent les «techniques secrètes » et bien plus encore : le secret des rites. Le but de la fée n’est pas de dominer l’homme mais de le réveiller. Il y a bien évidemment un danger à délivrer la fée. » (Caruocnos in Ialon # 10)
Donc, la druidesse, messagère des dieux, détentrice du secret des rites… bref, de la mystique ascétique et tantrique, est l'instrument, le moteur, L'ÂME de la dévotion sacrée.
Pour schématiser :
- Ministère du druide : il veille à l'exécution des sacrifices, règle les pratiques religieuses, initie les druides et consacre les druidesses, conseille les seigneurs et rois ;
- Vocation de la druidesse : elle veille au maintien de la dévotion et de la pérennité de la tradition (arts, médecine et métiers du feu), entretient la sacralité (des lieux, du feu), initie les guerriers et les artisans.
Druidesse mère de la dévotion
Ainsi, Dechtiré / Dectera (< Dexsitera = "Droitière"), fille du grand druide Cathbad et de Maga par le truchement du dieu de l'amour Aongus Ôg (< Oinogustios Ogios = "le Premier Choix - Jeune"), devient la mère du héros demi-dieu Cuchulainn, par l'intervention d'un dieu, celle de Lugh.
Bref, Cuchulainn est fils de Dechtiré par l'intervention du dieu Lugh…
J'ai en mémoire surtout l'histoire de Caer Ibormaith (< Cadra Eburomatia= "la Belle / Vaillante - Bonne Mère - If / Sanglier"), fille d'Éthal Anubhail.
Le jeune Belenos, Aonghus Ôg après l'avoir vu en songe devient désespérément amoureux d'elle. Le jeune dieu ne pouvait malheureusement l'épouser car, suite à un sortilège, elle était condamnée à passer la moitié de sa vie sous la forme d'un cygne.
Pour les druides, comme pour les prêtres grecs et les brahmanes hindous, l'âme était comparable à un cygne. Ainsi, l'âme individuelle d'une personne vivante était qualifiée 'anatia' alors que celle d'une personne désincarnée était qualifiée 'anamu'.
En termes zoologiques, le cygne siffleur se disait Elouios ou Elaios alors que le cygne muet se disait 'elarcos' ou 'elercos'. Chacun de ceux-ci est la représentation symbolique, l'allégorie, de l'âme individuelle, incarnée ou désincarnée.
Ainsi, Elouios = Anatia et Elarcos = Anamu.
Les métamorphoses de Caer de femme en Cygne passant la moitié de sa vie soit femme ou cygne rappellent les états de veille et d'éveil des humains. Cette transformation est symbole de la relation d'amour entre la divinité le mortel, de la transformation de l'âme par l'esprit divin. La tradition védique à recours au terme "Rasa" qui exprime le doux sentiment qui marque la relation intime unissant chaque être individué à l'Être Suprême. On en compte généralement cinq : le rasa de neutralité, de la servitude, d'amitié, d'affection parentale et amoureuse. Rasa se disait Deuocaria (dévotion - pieuse, divine).
Le beau motif de mythologie celte qui suit est en tout point semblable à celui de Radha, ses gopis (vachères) et le dieu Krishna :
“Aonghus s'empressa vers le lieu comme s'il avait des ailles à ses pieds. Là au bord de l'eau, il épia cinquante fois trois filles parées de chaînes d'argent. C'était les vachères qui gardaient le troupeau de la Boann.
Isolée d'elles était la demoiselle qui hantait ses rêves, celle qu'il avait tant cherchée depuis trois longues années.
Elle avait son propre collier d'or finement œuvré.”
Mais sans être trop pessimistes, si nous oublions cette folklorisation de la religieuse en prophétesse, sorcière ou enchanteresse, quel était réellement le rôle ecclésiastique de la femme dans l'antiquité pré-chrétienne celte ?
Rôle ecclésiastique de la femme celte :
La druidesse en tant que prêtresse est à la fois la messagère des dieux (aspect divinatoire), la gardienne des lieux, du feu, la maîtresse, l'enseignante et la matrone (maintien du sacré), initiatrice, patronne des arts (maintien de la Tradition) ; et en médecine, garante de la fertilité et de la production veillant au maintien de la santé (bien-être collectif).
C’est aussi la druidesse (en tant que fée : « sorcière tantrique ») qui initie le jeune guerrier aux arts martiaux. N’oublions pas l’épisode où Scatach (< Scataca = « l’Ombreuse », « la Sombre » ) initie le héros Cuchulainn (< Cu-Cuslantios = « le Chien de Cuslanos = « du Coudrier »).
« … Le mariage s’ajoute à l’union libre en quelque sorte. Fée et sorcière… La Dame n’est pas duale mais triple à l’image de Macha. Visionnaire lorsqu’elle est la femme de Nemed dans une qualification de première fonction, reine de deuxième fonction lorsqu’elle guerroie les fils de Dithorba, et agricultrice de troisième fonction avec le paysan Crunnchu.
Il n’y a pas, dans la matière celtique, de preuves pour affirmer que la femme a limité son sacerdoce à la prophétie et à la médecine. Le mystère qui entoure les cultes féminins témoigne plus d’un secret initiatique que d’une absence. La place prépondérante, qu’elle tient dans les récits héroïques de l’antiquité celtique, démontre qu’elle consacrait le roi. Il y a là une exclusivité typiquement féminine qui s’apparente parfois à un sacrifice. » (Caruocnos in Ialon # 10)
Donc, si la druidesse appartient à la classe des nemetes, des prêtres en fait, peut-on alors parler de prêtresse ? Si oui, quel était le nom de la prêtresse en celtique ancien ? Question que j'ai posée à Joseph Monard il y a quelque temps… et voici sa réponse :
"Un terme attesté et probablement spécialisé est celui de sena (nominatif pluriel senai) en le prenant au pied de la lettre ce seraient des "doyennes" car l'adjectif sena = vieille ; il s'agissait de membres d'une communauté vivant dans l'île aussi nommée Sena = Sein = Enez Sizun. On peut penser à un jeu de mots gaulois avec semna = vénérable, mal perçu par l'auteur latin Mela ; Ceci est plausible à travers une autre référence ci-après... Strabon et Ptolémée mentionnent les Samnitai, autre communauté féminine vivant dans une autre lie, proche de l'estuaire de la Loire, auprès des Namnetes, dont le nom ethnique a donné Namned > Nantes : signifiant lui-même les "célestes" < namos = ciel. Je pense donc à l'attraction phonétique de Namnetes sur *Semnitai qui aurait donné Samnitai chez ces auteurs non celtophones, coïncidant en outre pour les latinophones avec le nom ethnique italiote des Samnitae... Donc va pour semnitai, en variante de semnai; (nominatifs singuliers respectifs : semnita, semna .) qui seraient des moniales
On retrouve là la racine commune seb- à la fois celtique, germanique et grecque d'où au masculin semon, génitif semnos en goidélique parallèle au gaulois sebo, génitif sebnos , au sens de "révérend, vénérable".
Autre terme probable : nemetialis = "attachée au nemeton" qui est attesté comme nom de déesses plurales:
les Nemetiales ; - toujours sous toutes réserves quant au contenu de la fonction mais semble bien être des prêtresses attachées aux sanctuaires.
Nemetona // Nemetara, la Sacrée, un des aspects de Nameta (Neuvième, en j. de m. : Noiolatis = Neuvaine), Namanta (L'Ennemie), la Nemain irlandaise, une des trois Moriganes avec la Macha
A titre historique, il faut mentionner deux termes désignant la femme devin: ueleta > ueleda = "voyante" dont il n'est pas dit qu'elle était vraiment prêtresse; et après déclin de l'ordre druidique le titre de "druidesse" usurpé par des diseuses de bonne aventure, probablement *druuidissa en celtique.
Si l'on croyait à la réalité de femmes prêtresses, on pourrait forger un féminin au nom du "curé de campagne" gaulois ecco, génitif ecconos qui serait une *eccona. " (lettre de Joseph Monard, 2001)
Autres dénominations féminines :
Bardissa < Barda , la bardesse, poétesse
Cailiaca // Coiliaca, Femme Devin, Prophétesse
Idennica // Idemnica, l'accoucheuse
Iacceta, la guérisseuse
Isara, une sainte, bénie, sacrée
Nexa, la Nymphe, nexai, les nymphes
Retlodruuidissa, l'astrologue
Sebara < Soibra, la fée
Suliuia-Idennica, la sage-femme
Uataca, femme ayant un don divinatoire
Uatinea, fille vate, petite prophétesse
Uateissa // Uatissa, vatesse, prophétesse
Uatolegia, femme médecin, vatesse
Uercana, "la Très Accomplie", l'enseignante
Lubieulaca, savante en herboristerie, savante des plantes médicinales
Lubionaca, herboriste, botaniste
Uatua // Uatuia, vatesse agissante, en jeu de mots avec prophétesse
Uegeiadia > Uegeadia > Ueadia // Ueiadia, la tisseuse, la fée
Uidodunia, la savante, femme de science
Uindabra < Uinda Soibra, le Fantôme Blanc, la Dame Blanche
Uindisa, la Dame Blanche
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Sources :
Anonyme. Lebor Gabala Erenn, "Livre des Conquêtes de l'Irlande". Irish Texts Society, Dublin, édition R.A.S. Macalister, 1939.
Berresford Ellis, Peter. A dictionary of Irish mythology. Oxford University Press, Oxford, G.-B., 1987.
Caruocnos. Initiatrice et sacrificatrice. Ialon # 10.
César, Jules. La Guerre des Gaules. Traduite et commentée par Jean Thoraval, Bordas, Paris, 1967.
Cologne Digital Sanskrit Lexicon
http://www.uni-koeln.de/cgi-bin/SFgate
Guyonvarc'h, Christian-J. et Le Roux, Françoise. Les Druides. Editions Ouest-France Université, Rennes, 1986.
__________________________________________. La civilisation celtique. Éditions Payot, Paris, 195.
Monard, Joseph. Dictionnaire de Celtique Ancien. Keltia Publications, Edimbourg, Écosse, 2000.
______________. Courriel, Lettre datée de 2001.
Persigout, Jean-Paul. Dictionnaire de Mythologie celte. Éditions du Rocher, Monaco 1990.
Boutios
La Pratique Druidique Contemporaine
Penser que le druidisme du XXIème siècle est le même que celui du 1er siècle avant l'E.V. est un effet parodique. Et c'est peut être parodier les groupes neo druidiques que de prétendre que là est leur prétention. Cependant, il convient peut être d'examiner les choses avec un peu de recul, sous l'angle des concepts troubles de la filitiation et de la reconnaissance.
De nombreux groupes druidiques jouent encore, consciemment ou inconsciemment avec les concepts très liés de filiation, légitimité ou reconnaissance.
Certains groupes ou individus poussant le « complexe » jusqu’à passer le plus clair de leur temps à discuter, chercher ou s’inventer des reconnaissances et alliances vraies ou supposées qui prouveraient leur légitimité. Légitimité qui ne parle que d’une chose : l’histoire . Mais nous y reviendrons plus loin.
Lorsqu’un individu entre dans un groupe druidique, il croît entrer dans un groupe issu en droite ligne des druides historiques et qui en tant que tel est dépositaires d’antiques secrets et d’authentiques pouvoirs transmis selon une chaîne ininterrompue depuis la nuit des temps.
La plus élémentaire des honnêtetés nous contraindrait à considérer ( au mieux) cette « ascendance » supposée comme un mythe fondateur. Une façon symbolique ( symbole qui ne veut pas dire "faire semblant" mais créer un lien ) de se relier à l’esprit du druidisme. Esprit du druidisme que je distingue du druidisme en tant que courant véhiculé par des sociétés druidiques.
Le druidisme en tant que société s’est constitué au XVIIIème siècle autour de principes fondateurs extrêmement variés allant des groupes spiritualistes jusqu’à la société de secours mutuel en passant par les sociétés bardiques..
Le druidisme actuel est donc pour l’essentiel le résultat d’un brassage d’idée qui s’opère entre différents courants, y compris des courants a priori étrangers à la religion des celtes.
Le druidisme serait donc un « isme » parmi d’autres s’il n’y avait cette tentative de quelques uns ( dont l’ODET) de renouer des liens avec le paganisme antique. Autrement dit de reprendre contact avec l’Esprit du druidisme plutôt qu’avec sa forme sociale ( instrumentale) qui n’est qu’un véhicule.
Tandis que certains s’attachent aux formes, d’autres essaient d’entrer en résonance avec l’Essence .
J’aime à me représenter le druidisme comme une source d’eau vive. Elle peut rester souterraine longtemps. Jusqu’à trouver une issue pour jaillir en pleine Lumière et donner la vie. Cette source c’est aussi l’Awen.
Les mouvements divers et autres tentatives de s’accaparer une soit disant légitimité « druidique » ne sont que des tentatives de canaliser l’esprit dans des voies bien trop humaines. C’est oublier que pour donner la vie, l’eau doit être libre, sortir des « canalisations » pour féconder la Terre.
Lorsqu’un groupe druidique travaille de façon « ouverte » ( ouverte à l’inspiration cela s’entend) il peut actualiser , en dehors de toute transmission « horizontale » cet Esprit du druidisme. La transmission qui s’opère est alors « verticale ».
Mais les choses ne sont pas simples. Il est facile de s’illusionner sur la base de nos bonnes intentions. Croire qu’il suffit de le vouloir …
En réalité je pense que l’awen suit naturellement ( comme l’eau) les chemins les plus courts et les plus sûrs.
Comment imaginer qu’Elle puisse choisir comme véhicule celui qui ne s’investit pas dans sa qualité de Druide. Celui qui vient « faire son marché » et prendre dans le druidisme ce qui peut lui servir en tant que personne puis passer à autre chose de façon à se constituer un ego bien « gonflé » ?
A l’inverse, plus qu’une question « technique » être druide est à mon sens une façon de se positionner. Pour reprendre l’image déjà évoquée. Savoir retirer du lit du ruisseau ce qui empêche l’eau de s’écouler. Du moins être en mesure de « voir » où se situent les obstacles.
Ce qui bien évidemment n’écarte personne du « chantier » du moins tant que chacun accepte l’idée d’une œuvre commune. L’idée que le druidisme est un « passe temps « comme les autres où les uns peuvent défaire ce que les autres font n’est pas acceptable. Du moins si nous acceptons le postulat selon lequel le druidisme serait une « véritable » voie spirituelle et pas seulement une société folklorique ou un club de rencontres.
De la même façon, il est courant de nos jours de penser que toutes les idées se valent, et que chacun peut légitimement se prévaloir d’une opinion sur tout.
L’idée générale que tout est dans tout et que dans l’immensité de l’absolu tout se vaut, est une idée probablement intéressante sur le plan conceptuel . Mais elle ne mène à rien qu’au vide d’un coté et à l’infatuation de l’autre.
Suffit il de se prévaloir d’un peu d’expérience personnelle pour se croire autorisé à juger de tout ? Suis je autorisé à donner des conseils à un sculpteur sous prétexte que je suis musicien ?
Suffit il aussi , armé de son seul « ressenti », de se présenter comme « chercheur » pour être autorisé à remettre sans cesse en cause tout ce qui ne rentre pas dans nos schémas de pensée ?
Certains le pensent ! Comme d’autres pensent que le druidisme doit être tolérant. Tolérer qu’on le compare au christianisme, au boudhisme, à l’islam, pourquoi pas ?
Penser que le druidisme dût s’honorer d’être assimilé à tout et n’importe quoi c’est lui dénier une identité propre. C’est penser qu’il ne peut être , ne peut vivre, qu’à travers ce qu’on en dit, au crible de nos idées préconçues et de nos schémas types.
Au risque de décevoir, encore. Le druidisme , tel que nous le pratiquons existe. Existe en tant que tel et n’a pas à être comparé à quoi que ce soit . Autre image , le druidisme se vit comme une histoire d’amour, toujours unique dans la diversité des possibles. Lorsqu’on commence à en parler, à comparer, c’est qu’il n’y a plus d’amour.
Alors , le druidisme n’est pas un club de rencontres entre païens, ce n’est pas une société folklorique, ce n’est pas un club philosophique, ce n’est pas une société vertueuse ou philanthropique. Le druidisme n’est pas l’hindouisme, ni l’asatru, ni la maçonnerie. Mouvements par ailleurs honorables.
Il peut ressembler à l’un ou l’autre mais ce qui l’en distingue est plus important que ce qui l’en rapproche.
Dernière chose , Les détracteurs néo scientifiques du néo druidisme prétendent que le druidisme est dépendant de la langue et de la société celtique..
Viendrait il à l'idée des détracteurs du druidisme moderne de prétendre qu'il faut parler l'araméen pour se prétendre chrétien ? Et vivre dans une société judaïque ?
Eber
le Druid Network International
Il est un fait, comme une synchronicité, que le druidisme, comme nombre de pratiques païennes, est poussé par une fulgurante énergie de renaissance, dans de nombreux endroits assez éloignés les uns des autres. C’est en effet de l’ouest des USA aux abords de la Baltique que se rencontrent les fervents cheminants que nous sommes. Bien sûr la majorité d’entre nous se trouvent en Europe de l’Ouest, terre ancestrale des Druides. Mais même dans ce contexte, ils se trouvent du nord de l’Ecosse aux rives de l’Espagne. Nous ne pouvons nier ce fait, de même que nous ne pouvons nier que quand un être humain adhère aux croyances d’une religion, il aspire à partager et échanger à ce sujet. Les Druides ne font pas exception et ont très rapidement cherché comment communiquer entre eux, se rencontrer , échanger leurs matières. Il semble difficile d’occulter le besoin de ne pas se sentir seul, adhérer à un paganisme quelconque demande aujourd’hui une volonté féroce, une foi sûre et une intelligence d’être, car nos croyances sont souvent reléguées à de vagues superstitions quand ce n’est pas pire. Pourtant ces croyances païennes furent les nôtres durant bien plus de 2000 ans. et ne demandent qu’à avoir le « droit d’être ».
La foi, la croyance, qu’elle qu’elle soit, englobe sa propre part de spiritualité, et chacun pratique a sa manière le travail de reliance au religieux tel qu’il puisse répondre à son besoin, l’épanouir, le nourrir pourrions nous dire. Cependant il est un temps ou l’homme éprouve non seulement le besoin de prier ensemble, de se trouver dans un espace/temps commun, pour pratiquer. Le rituel de groupe est dans toutes les religions une manifestions incontournable. Cela est d’autant plus marqué dans la pratique païenne qui consiste à relier l’humain au sacré mais aussi à son environnement naturel. Il est vital pour le druide de pouvoir prier ensemble, en Cercle, au sein de la Nature Sacrée. Pas facile quand chacun de nous habite à quelques centaines de kilomètres, voire plus. Pourtant, le besoin étant nous sommes témoins des convictions profondes des pratiquants qui n’hésitent pas à faire quelques mille kilomètres deux ou trois fois l’an pour les célébrations druidiques.
Pour échanger il est fort appréciable d’utiliser les moyens modernes de communications, le téléphone, l’Internet, et l’on peut dire, sans se tromper que l’avènement de ces techniques a grandement facilité l’expansion du Druidisme. Tout d’abord il a permis à nombre d’entre nous de se rassembler par affinité et de créer des groupes cohérents aux orientations diverses
Il a permis aussi de nous exprimer et de démystifier nombre de croyances erronées nous concernant. On peut enfin expliquer que nous ne sommes ni des activités politiques, ni des sectes en actions, ni des satanismes et cela est réellement une bonne chose. Ces techniques nous ont permis aussi de communiquer rapidement les dates, lieux des rencontres et manifestations qui sont la plupart du temps ouvertes à tout le monde. De nombreuses personnes ( druides ou non) ont pu alors comprendre notre démarche et entretenir avec nous des relations très amicales et enrichissantes. Perdu dans son quartier ou dans sa campagne esseulée, le druide peut enfin communiquer, rapidement avec les autres, et ne plus se sentir seul. Cela est particulièrement important dans un pays comme le notre (la France) ou les grandes religions sont foncièrement respectées dans leur essence et leur pratique, mais où les petites communautés ont de grandes difficultés à se faire respectées.
C’est aussi que les druides n’ont pas limité leur communication à leur area linguistique, mais ont chaîné leur échanges à travers le monde entier. Ainsi sont nées des communautés internationales, des tissages de liens et d’échanges à travers l’Europe et le monde entier
Si des groupes comme l’Obod, l’Odet, Le BDO, Orden Druida Sendero Verde Iodhadha ect. permettent à des personnes de mêmes aspirations de travailler ensemble, il est aussi très judicieux de relier les mouvements du monde entier, en leur permettant de se rejoindre tous. Le TDN a osé et permis cette plate forme, multilinguale. Savoir ce qui se passe partout dans le monde, ce qui est organisé, les rencontres , les échanges, les mariages, les rites, les célébrations et permet à chacun de se savoir uni à un ensemble vivant et florissant. Cela permet aussi de partager de manière internationale des matières et des thèses, des réflexions et des pensées. Les études circulent, les travaux de chacun et chacune ne restent pas lettres mortes, mais au contraire contribuent au besoin de partage.
L’art et la création sont une part importante de la pratique druidique, de pouvoir échanger et partage aussi sur ce domaine, que nous nommons bardique est essentielle. En effet l’expression artistique est pour nous un moyen de nous relier au reste du monde mais aussi d’exprimer le plus joliment notre foi, il est alors vital de pouvoir communiquer à ce sujet sur un espace libre et respectueux, le TDN permet cela.
Il va de soi que l’expression nécessaire de notre simple existence, centralisée sur un espace commun de cette qualité ne peut que servir notre renaissance et notre réalité, par l’expression claire, et intelligente de nos pratiques.
Ainsi la possibilité d’exposer nos rites et nos prières dans toutes les langues que nous pratiquons est une opportunité que peu d’entre nous refusent.. Il ne reste plus qu’à orienter notre volonté dans ce type de reliance, au delà de l’Internet, et d’aller vers des rencontres réelles, au delà des frontières et des langues, un grand rituel multilingual est sans doute une des choses que j’ai vécu de plus fort, de plus beau, de plus sacré, le TDN nous rapproche de réitérer cette idée.
Syd
Le cercle
Un druide sobrement vêtu de blanc, la tête ornée d’une
couronne de tiges végétales, traça un cercle sur le sol de terre et expliqua à
son jeune disciple :
Au delà du cercle est l’obscur infini, le monde de Keugant.
Au centre du cercle est la lumière infinie, le monde de Gwenwed. Le cercle où tu
te trouves se nomme Abred, le cercle de l’évolution. Le temps est un cycle sans
commencement ni fin. Ainsi le cercle représente à lui seul l’infini et
l’éternel. Sais-tu combien de directions comporte le cercle ?
-Quatre, maître. Ce sont les quatre points cardinaux
auxquels sont associés les quatre saisons, les quatre éléments correspondants
aux quatre animaux sacrés et aux quatre périodes de la vie.
-Ce que tu dis est exact. Cependant, la roue celtique se lit
de plusieurs manière. Il y a trois directions, il s’agit des trois soleils à
l’ouest. Le soleil du solstice d’hiver à gauche se nomme le petit soleil, ou
petit Mabon. Le soleil de l’équinoxe du printemps et de l’automne au centre se
nomme Mabon. Enfin, le soleil du solstice d’été à droite se nomme grand Mabon..
Il y a certes quatre directions, mais tu oublies la cinquième direction qui
réunit les quatre éléments. Il s’agit de l’énergie sacré, le souffle de l’Awen
représenté par le serpent car celui-ci vit aux vibrations de la terre.
Mais il y a en fait huit directions, il s’agit des quatre
célébrations du soleil que sont Alban Elfin, Alban Elfed, Alban Arthan et Alban Eiler, et des quatre célébrations de la lune que sont Samhain, Imbolc, Beltaine
et Lugnasad. Avec le centre, l’espace sacré, cela fait neuf directions.
L’énergie sacrée de l’Awen regroupe le ciel père, la terre mère et les êtres
vivants. Ainsi reconnaît-on le principe du Triskel.
Florent
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