Compte rendu du Condatio 2007
CONDATE en gaulois veut dire
confluent …
Jules
César, La guerre des Gaules, VI, 13-14, trad. Germaine Roussel, 1963, Paris,
10/18.
« Les Druides, à une date
fixe, chaque année, tiennent leurs assises dans le pays des Carnutes qui est
considéré comme le centre de la Gaule, en un lieu consacré. »
Combien étions nous l’an dernier à tourner autour des feux de
Beltaine ? Une trentaine si ma mémoire est bonne, nous fûmes plus de
quarante cette année. Encore une fois il va m’être difficile de décrire ce que
furent ces moments et je pense que quelques photos vous les narreront mieux que
tous les mots qui me viennent. Joie, partage, célébration, profondeur et sacré
du monde furent présents. Oui encore une fois nous sommes venus des quatre
coins des Gaules, de Bretagne et du Sud Ouest, du Sud Est et de l’Alsace, du
Nord et du Centre. Chacun portait dans ses bagages, quelques senteurs et
« spécialités » de son « pagus ». Chacun portait le chant
de son accent, de sa langue, chacun portant la poussière de ses chemins sous
les semelles de ses chaussures. Ce fut comme un tissage sur les routes, une
convergence d’impatience et de joie. Au delà nous sommes venus d’Espagne, de
Hollande, de Suisse, de Belgique … L’Europe se trouvait là, unie au Centre, par
un espace sacré, osant transcender le profane et nous unir en un seul chant,
une seule danse, pour la gloire du monde et de nos DieuX éveillés des silences.
Oui ce fut « mémorable », puissant, fort, unique et l’effluve de ces
instants restera à jamais incluse dans les plis de nos âmes, comme un souffle
de vie.
Une fête comme le Condatio ça se prépare, il faut préparer les
rites, les tables, les gîtes, les plans. Pendant que certains finissent le
Colloque PFI, d’autres préparent les arrivées du Condatio. C’est une sensation
étrange que d’être séparés, mais d’oeuvrer tous ensemble à distance, vers un
seul but, de sentir nos esprits reliés, oeuvrant dans le même temps. Cela rend
fort et paisible. Il est un sentiment fort de « tribu » : la
« Touta »
Il est difficile de décrire un rite druidique polythéiste à
qui n’en a jamais vécu de visu. Car le plus important se ressent autant que se
voit. Aucun de nos textes ne sont préparés à l’avance, juste la trame, nous
laissons l’Awen, imprégner nos âmes et nous laissons porter par le sens, les
mots, les gestes qui « signent ». Cela nous offre de purs moments de
reliance aux dimensions sacrées. Je ne saurai jamais remercier suffisamment
tous ceux qui furent là et, qui dans sa langue maternelle, qui dans son regard,
son sourire, ses prières, son recueillement a su donner la main aux Enfants de la Terre pour Lui offrir le plus beau de
tous les hommages. Barde et Ovate ont su tresser de leur Arts, le Seigneur de la Lande et la Belle de mai ont su nous
« charmer » de leurs mots, de leur amour, de leurs promesses, nous
avons tressé une farandole entre les feux (symbolisés) de Beltaine, nous avons
offerts nos fleurs et nos fruits.
Que dire de nos voyageurs qui
portèrent le signe de nos axes précieux, aussi Sacrés qu’est le Sacré des
mondes ?
Du fond des âges est venu le rêve
le rêve vivant de Dana
le rêve s'est infiltré dans
le coeur de celle aux yeux d'oiseau de proie
et ce rêve est devenu son
rêve
et ce rêve est devenu le
mien, le nôtre
et ce rêve a vibré en paroles
musiques chants et silences
et ce rêve s'est incarné
dans le geste
du nord et du sud
de l'est et de l'ouest
nous nous sommes
rencontrés, retrouvés
des 4 vents les porteurs ont
rassemblé les 4 symboles incarnés
organes assemblés comme au
temps de jadis
alors devant les enfants de
la Terre réunis, le grand éveilleur a
parlé
Taranis a grondé du haut
des cieux et dans le cercle, quand le dieu cerf brandissait sa ramure et me
perçait le ventre de sa corne
la peau du tambour a cédé,
des fils se sont rompus, déchirement et coeurs révélés
et la
Terre s'est ouverte libérant ce qu'elle avait si longtemps
gardé enfoui.
Et la roue s'est ébranlée,
brisant ses entraves
Je suis dans la joie à
cause de ce que j'ai vu, goûté, senti et entendu
Je suis dans la joie parce
que d'autres ont vu la mémoire apparaître et la magie du grand éveilleur, sur la
Touta et bien au delà
et le sens, oui le sens
sacré de tout cela
Je suis triste pour ceux
qui n'ont pas vu, goûté, senti et entendu
plus que jamais il va falloir
tenir, comme des pierres dressées, comme des chênes plantés
pour chacun d'entre nous,
pour la Touta, pour tout ceux qui, debout,
veulent, ici et maintenant, honorer la
Terre et les dieux
Bran
Et Taranis heureux a su nous
éblouir de son chant de tonnerre, sans une larme, sans un vent froid
Ce qui suit les rites n’est qu’un reflet de ce qui nous a
nourris pendant les prières, c’est à la force de l’expression manifestée que
l’on peut savoir si les magies opèrent. Il y a des chants, des danses d’enfants,
des musiques, des regards, des confidences … Elles ont duré longtemps car à
l’aube alors que la brume avait couvert le monde, je voyais la soleil traverser
ses ramures, j’éprouvais alors la joie la plus tranquille, la force la plus
paisible qu’il ne m’ait jamais été donné de ressentir. Je savais alors que tout
avait été fait, bien fait et qu’il ne fallait plus que laisser cette roue,
enfin désentravée, tourner, vers un autre Beltaine
Syd
Rassemblement des 6 Collèges Druidiques Armoricains
Les Retrouvailles du Rassemblement des 6 Collèges
druidiques armoricains se sont tenues le dimanche 11 juin, dès midi,
à Locmaria-berrien (Haute-Cornouaille, Bretagne).
Ce cérémonial - qui s'inscrit, pour la troisième
année consécutive, en dehors du cycle des 8 célébrations
de saison du calendrier celtique - est en quelque sorte le "congrès"
solennel des différentes obédiences druidisantes de Bretagne.
Il a pour vocation de renforcer les liens entre
les tenants de notre ancestrale spiritualité, par delà les différences
de forme des différents courants.
En effet, le Rassemblement des 6 Collèges druidiques
armoricains s'est donné pour devoir de travailler à la mise
en commun du patrimoine de connaissances philosophiques, linguistiques et
mythologiques des diverses sensibilités, et d'ainsi les rapprocher.
Reconnu aujourd'hui par les autres traditions et cultures, notamment par le
World Congress of Elders of the Ancient Traditions and Cultures, il entend
également prendre position sur les grands problèmes de notre
époque de confusion généralisée.
Les groupes présents étaient :
- Kelc'h Studi Derwezed an Hengoun ("Cercle d'Etude des Druides
Traditionnels")
- Meibion Cywir Prydain ("Fidèles Enfants de Bretagne")
- Aremoricon Druidiacton Comsedon ("Collège druidique armoricain")
- Ollobitua Celtiaca Creddina / Kredenn Geltiek Hollvedel ("Cordiance
Celtique Mondiale")
- Confédération Philosophique des Druides
- K.DA.D., représentée par Myrdin (le harpeur bien connu),
qui participait
pour la première fois à l'évènement.
L'Aremoricon Druidiacton Comsedon ("Collège druidique armoricain")
n'a pas participé cette année, exceptionnellement, à
l'évènement.
La cérémonie s'est déroulée en présence
d'une assistance
profane intéressée, et le Ciel nous a favorisé : clair
soleil et douce brise !
Gobannogennos
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L’héritage des PaganismeS
Au cœur du monde païen notre époque est
en droit de se demander ce que signifie le terme païen.
Le fait de faire un choix, si draconien soit-il dans le respect
d’une tradition ancestrale, n’impose pas un rejet d’autres
tendances, tant est qu’elles restent cohérentes dans l’essence
de ce qu’elles revendiquent. Un choix est l’opportunité
d’approfondir une essence culturelle, cultuelle dans son entière
réalité. Ainsi le paganisme ne peut être paganisme que
s’il répond aux concrètes expressions de ses signifiances.
Dans un cas autre, il s’agit tout simplement d’autre chose, que
l’humain se trouve libre de choisir, en fonction de ses aspirations,
et je pense tout autant au New Age qu’aux pratiques syncrétistes
majeures.
Le mot païen est issu du mot Pagus (Pays, territoire
de tribu), tout comme paysan, et implique un lien sacré non seulement
avec la terre mais avec les éléments naturels de notre constitution
humaine, de notre environnement. Les cultes se font dans la nature, aux frontières
des tribus, sur les monts sacrés, aux sources etc. Paganus signifie
"qui est du pagus"
De par le fait d’être relié à la
Terre, il est relié aux héritages ancestraux et primordiaux
quelque soit leur évolution et leur expression contemporaine. Dans
le paganisme il y a toujours une reliance avec l’essence du principe
premier de la croyance.
Avant l'an 392 ,le paganisme était la forme de religion la plus courante
dans l'Empire romain. En 392 l'empereur Théodose Ier l'interdit et
le Christianisme devint la religion officielle.
Le paganisme n’est pas une invention moderne, ni un
syncrétisme à tous vents, il est même le contraire. Il
est tout simplement une expression de la vie qui court son chemin, l’héritage
moral et spirituel, sacré pour nos âmes, reçu des plus
anciens rêves du monde.
Alors bien sûr cette incarnation peut prendre plusieurs visages, plusieurs
expressions, liée à une culture servant de base expressive,
liée à une caractéristique de vie, de lieu, d’environnement.
Tout comme un écosystème multidimensionnel, les croyances des
anciens restaient en symbiose avec la terre matière qui les faisait
vivre. Si nous voulons rester dans la cohérence du paganisme nous devons
ne pas perdre cela de vue.
Les cultes païens sont issus de croyances basées sur les cycles,
la transcendance tout autant que l’immanence, les alternances rythmées,
la danse du monde. Les cultes modernes sont basés sur la dualité
et le combat (combattre les forces du mal, combattre la bête en soi
etc.). Le paganisme n’oppose pas un bien contre le mal, mais aspire
à garder ces rythmes alternés porteurs de vie et de bien-être,
entre l’obscur et le lumineux. La souffrance n’est pas pour lui
due aux forces d’une démoniaque entité mais à la
perte d’harmonie, de reliance, de respect des lois naturelles qui font
tourner le monde de la nuit vers le jour en un éternel recommencement,
continuellement réinventé.
Il ne s’agit pas d’un simple point de vue ou d’une idée
philosophique, le clivage même de ces concepts du monde va engendre
une attitude fondamentalement différente, face au monde, au quotidien,
face aux valeurs morales de chacun.
Certains vont dire que le paganisme n’a pas de texte
ni d’écriture et na pu se transmettre. Le livre est une invention
récente et le paganisme a des millions d’années. Partie
intégrante de l’environnement, reliant les différents
niveaux de vie, il fait partie du quotidien des hommes. Dans un monde païen,
le Sacré n’est jamais ailleurs, cloîtré dans une
chapelle, il est toujours à fleur de vie, juste à coté
du monde profane avec lequel il est tissé. C’est une transmission
plus subtile et plus insaisissable que celle gérée par la raison,
qui peut traverser le temps et l’histoire. Les livres à son sujet
peuvent disparaître, le paganisme est intrinsèquement lié
à la Terre et à la nature, susceptible donc de renaître,
à l’image de chaque printemps.
D’autres vont aussi dire, que la Wicca, considérée
comme pratique païenne, est une création récente. Cela
est vrai, pour le nom, mais la Wicca tant qu’elle se relie aux essences
premières du paganisme est une spiritualité traditionnelle.
Tant qu’elle ne devient pas une course aux pouvoirs et une collecte
insensée de méthodes, la Wicca est consciemment reliée,
quêteuse d’anciennes pratiques. Si le danger Wiccan est de tomber
dans la facilité de prendre tout ce qui plait sans discernement, il
est cependant possible de la pratiquer avec Art, dans le respect des coutumes
humaines de reliance avec la nature, ses cycles et ses forces premières.
Nous pouvons donc voir à quel point le paganisme contemporain
est petit fils du paganisme antique puisqu’il s’y abreuve, s’y
nourrit, s’y raccorde.
A aucun moment il n’est question d’intégrer
dans les panthéons païens des égrégores et autres
entités modernes, (le monde moderne commence il y a quelques 2000 ans.)
Les cultes de Satan, Lucifer, ne doivent pas être confondus avec ceux
de Bacchus ou de Pan. N’en déplaise aux jeunesses actuelles qui
aiment à mêler dans le noir la force de Kernunos aux Energies
de Satan. Kernunos n’est pas un Dieu de combat et de gloire, il est
une force de vie, une puissance de régénération.
Le Paganisme est ce qui est, et qui, non pas dans une autre vie, mais «
ici et maintenant », se doit d’être toujours dans le sens
du Sacré, dans l’Harmonie Divine. Et c’est pour cela que
je me sens Païenne, parce qu’à chacun de mes souffles, j’aspire
à ce que l’air qui me porte vie, soit en osmose avec le souffle
que me porte le vent, le chant de la Terre, le chant des Ancêtres …
…. ici et maintenant ….
Syd
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Tradition, traditions
S'il est bien un mot qui est servi à toutes les sauces,
c'est le mot tradition. Mot que nous écrirons pour l'instant avec un
"t" minuscule pour le distinguer du mot "Tradition".
Il y a plusieurs acceptions du terme tradition
- C'est de la mémoire, un patrimoine qui se transmettent
- C'est un contenu qui se transmet sans altération
- C'est un savoir faire qui se transmet
- C'est une "qualité" , un "pouvoir" qui se transmet
de façon ininterrompue
- C'est un ensemble d'habitudes, de comportements, d'usages qui se transmettent
selon des canaux privilégiés
- C''est une histoire, un mythe qui se transmettent
Bref de multiples sens au mot tradition qui parfois se recoupent
et parfois s'éloignent.
Sous l'impulsion d'auteurs comme Julius Evola ou René
Guénon se sont développées au siècle dernier des
théories radicales sur la tradition. Pour ces auteurs les mots tradition
et modernisme sont antithétiques; La tradition exclu le modernisme
qui à l'inverse est ennemi de la tradition. La tradition était
pour Guénon une sorte d'entité "métaphysique"
qui ne pouvait se transmettre que dans un cadre précis et ininterrompu.
A noter chez ce dernier un certain nombre de paradoxes. A la fois chantre
d'une tradition hyperboréenne et converti à l'Islam, un partisan
d'un retour aux racines "pures" de la tradition occidentale qui
propose en même temps de voir dans la tradition tibétaine un
des derniers rejetons de la tradition primordiale. La tradition au sens Guénonien
est " une connaissance s’écoulant à travers les générations,
depuis des temps immémoriaux, connaissance invariable quant à
son fond et toujours renouvelée quant à ses formes" Mais
nous y reviendrons plus tard. Ce qui nous semble important de définir
c'est ce que nous entendons nous "druidisants" par Tradition.
Commençons par dire ce qu'elle n'est pas. Selon Guénon,
il y a une différence entre Tradition et coutumes, usages, habitudes.
La première est atemporelle tandis que les autres sont liées
à l'histoire, au temps. Issus de l'évènementiel , plutôt
que de l'essentiel. Pourtant …Pourtant…La plupart des sociétés
initiatiques véhiculent un ensemble de coutumes, d'usages, d'habitudes
qui sont souvent d'ailleurs des éléments de reconnaissance entre
membre d'une même société. Des comportements en société,
des attitudes corporelles, des habitudes de langage ou de pensée font
que souvent les gens appartenant à une même société
se reconnaissent entre eux , indépendamment d'éventuels signes
et attouchements. Il s'agirait plutôt d'une sorte d'osmose qui s'établirait
entre des gens qui ont l'habitude de travailler sur un certain mode et le
groupe auquel ils appartiennent. Alors la Tradition n'est pas la coutume,
pourtant, les coutumes des gens de tradition se ressemblent. Bien plus, la
tradition orale opposée à la tradition du livre est justement
celle qui selon ses partisans leur permet d'interpréter de façon
juste les textes sacrés. Au fond c'estcomme s'il y a avait d'un coté
une Tradition essentielle et de l'autre un ensemble de coutumes, d'habitudes,
exégèse et interprétations qui permette de l'actualiser.
Ceci est valable pour les traditions du livre, dont il faut écarter
la Tradition Druidique qui paradoxalement ne peut pas être écrite.
Il n'y a pas ou peu d'écrits druidiques, les seuls qui existent sont
le fait d'auteurs extérieurs au druidisme soit des observateurs extérieurs,
soit des compilateurs tardifs souvent imprégnés de culture chrétienne.
Aborder le druidisme du point de vue de la tradition et de l'histoire ressemble
a une enquête policière. Il y a des indices, des témoins
(parfois à charge) qui ne savent pas toujours très bien de quoi
ils parlent et le corps du délit . C'est à dire une survivance
druidique qui se présent sous des formes disparates. Comme si le corps
de la "victime" avait été dépouillé,
découpé et dispersé aux quatre vents et qu'il nous fallait
le reconstituer.
Nous sommes quelques uns à considérer que l'accès
à la Tradition passe par ces tentatives parfois maladroites, parfois
hasardeuses mais parfois aussi inspirées de renouer avec une histoire
oubliée. Certains fonctionnent même comme ces "profilers"
qui s'imprègnent des ambiances, des lieux, des profils psychologiques
des "peuples premiers" pour reconstituerune histoire . Reconstitution
souvent étonnante d'ailleurs.
Mais au fond la question n'est pas là. Et l'histoire
qui se reconstitue alors est toujours celle d'une interprétation à
un moment donné d'une réalité spirituelle.
La tradition est aussi parfois celle qui consiste à
transmettre un savoir faire. C'est la tradition opérative des compagnons
bâtisseurs, celle des pédauques,( dont le signe distinctif ressemble
à un tribann ou parfois à la rune germanique Algiz) celle des
bardes aussi. Ces bardes qui transmettent à la fois une histoire et
une façon traditionnelle de la raconter. Il y a donc à la fois
une mémoire et une façon de la transmettre. Nous aurons encore
l'occasion d'évoquer ce double aspect.
D'où vient cette tradition, ce savoir faire ?
Quoiqu'il en soit , nous pensons que pour parler de transmission
traditionnelle il faut d'une part que le contenu transmis soit "validé"
et que d'autres part les vecteurs, la façon de transmettre soient également
traditionnels. A ce titre nous pensons que le compagnonnage véhicule
encore de nos jours une tradition opérative. Ce qui fait des compagnons
des "ouvriers" tout à fait à part dans notre société
moderne où les fonctions, les tâches sont éclatées
à l'extrême jusqu'à perdre leur sens. Pour autant , même
en présence d'une tradition reconnue , y a t'il transmission de la
Tradition ?
Nous entrons là dans le domaine spirituel avec tous
les risques de ne pas être compris.Nous avons vu que la transmission
traditionnelle reposait sur deux éléments. Un contenu, une façon
de transmettre. Cela suffit il à transmettre la Tradition. Même
sans être Guénonien, nous le rejoignons sur un point. La Tradition
peut se parer de nombreuses formes mais elle persiste dans son essence. Il
y a plusieurs modes d'interprétation de ceci. Certains , la majorité
? voient dans la Tradition une sorte de pouvoir intangible qui se transmettrait
d'initié à initié sans jamais faillir. A condition ,
et nous verrons ce que nous pouvons en penser: à condition donc qu'il
n'y ait pas de hiatus dans la chaîne de transmission. D'où l'attachement
névrotique de certains pour les chartes, filiations et autres diplômes
et reconnaissances qui se mettent à briller d'un éclat nouveau
comme s'ils prenaient valeur de relique. Paradoxe encore lorsqu'on étudie
le druidisme que de considérer un simple morceau de papier comme une
relique sainte à laquelle serait attaché une sorte de pouvoir,
de "mana" particulier; Mais au fond la vraie question est , si l'on
excepte la transmission de ce pouvoir réel ou supposé qu'est
ce qui est transmis ? Une connaissance ? Un savoir faire ? Une tradition ?
Hélas, souvent, comme c'est le cas pour certains grades de sociétés
initiatiques qui eurent la faveur de Guénon. Il n'y a plus de savoir
faire, plus de connaissance , même plus de "savoir être"
attaché à des titres souvent ronflant. Alors transmission ou
illusion ? Ce que nous observons souvent en revanche c'est qu'il y a une certaine
proportionnalité inverse entre les titres et filiations déclarées
et les connaissances manifestées. Peut être parce dira-t'on les
choses sont si subtiles qu'elles en viennent à être intangibles.Mais
revenons à notre propos. S'il existe une transmission Traditionnelle
elle passe probablement par le mythe et le symbole. Parce que mythes et symboles
réunissent ce qui est épars, c'est à dire une connaissance
intérieure et une manifestation extérieure. Ils sont un pont
jeté entre l'autre Monde ( Sidh) et ce monde ci . Et qu'est ce pont
si ce n'est justement l'objet de l'initiation Traditionnelle. La transmission
Traditionnelle c'est la transmission selon un schéma traditionnel d'un
ensemble de mythes et de symboles.Cette transmission s'accompagne de la transmission
d'un savoir faire, c'est à dire une invitation à vérifier
à vivifier, àactualiser cette Tradition.
(Une Dame Blanche, photo Heol, Clairière Altitona Imbolc 2006)
La Tradition initiatique est une Tradition vivante qui
doit opérer une transformation réelle sur les individus. Transformation
dans leur savoir faire et dans leur savoir être. Pour être réellement
Traditionnelle, le mode de transmission doit lui aussi être traditionnel.
Dans le cadre du Druidisme- Le mythe et les symboles nous ont été
transmis pour l'essentiel, quoique altérés. Le travail qu'ont
à mener les druides et celui qui consiste à reprendre contact
avec les sources vives de la Tradition pour les actualiser. La spiritualité
druidique n'est pas une affaire d'antiquaire ou de muséographe.
- Les connaissances que l'on peut qualifier de druidiques ont été
perdues pour l'essentiel. Pour ce que l'on peut en savoir, les Druides étaient
des philosophes polytechniciens, à l'image de Lug. On peut à
juste titre considérer que la connaissance des druides porte sur
l'ensemble des disciplines enseignées dans l'antiquité, dans
la scission artificielle opérée par le modernisme entre les
différentes disciplines. Plutôt que d'opter pour une spécialisation
à la sauce moderne peut être faudra t'il, pour les druides
au moins opter au contraire pour une intégration. Quelques sociétés
druidiques proposent d'ailleurs que le Druide soit à la fois Barde
et Ovate ce qui est le symbole de sa plurivalence. - Les méthodes
d'enseignement ont été perdues. Subsistent quelques pistes.
Des études, longues, , absence d'écriture. Il est probable
que ces quelques faits nous orientent vers un enseignement accompagné,
comme peut l'être l'apprentissage. Une méthode à la
fois pratique, spéculative et personnalisée. Car l'élève
d'une société initiatique n'est pas seulement un individu
qui travail sur l'objet ( l'objet de son savoir) mais aussi sur lui même.
La démarche initiatique est aussi une démarche d'individuation
et le druidisant qui actualise une connaissance druidique travaille aussi
sur lui même.
Il serait mal venu de considérer l'absence (volontaire)
d'écriture concernant la chose sacrée comme un simple tabou.
A notre avis il y a avait une raison profonde, essentielle à cette
prescription "extrêmement" dangereuse d'un point de vue
de la simple fonctionnalité. Peut être les Druides pensaient
ils que l'essentiel était non pas incommunicable, mais vivant pour
ne pas dire actualisable. En ceci les mythes et symboles sont vivants. Ce
sont les interprétations de ces mythes et de ces symboles qui peuvent
être tracés dans le marbre. Et ce sont justement ces traces
que les druides ont essayé d'éviter .Et que faisons nous lorsque
nous voulons figer la Tradition dans une acception particulière à
un temps et un milieu ? Serionsnous moins sages qu'eux ?
Britt
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Beltaine 2005 Forêt des Carnutes
La rencontre des membres de l’ODET dans une forêt
Carnute
(Rencontre père / fille , au creux du Cercle des Druides)
Après 3 heures de train du Sud vers Lutèce, nous arrivons
en gare où nous y attendons avec impatience le premier membre de
l’Odet que nous devons rencontrer : la belle Niniane des Iles. Après
quelques péripéties et un repas pris sur le pouce, nous nous
dirigeons enfin vers le but de notre voyage, la Terre Carnute et Epernon.
Là nous sommes accueillis à bras ouverts et avec des sourires
luisants par Syd, Arouez, Viviane et Morgane. C’est déjà
un grand moment de bonheur que de pouvoir enfin mettre un visage sur des
noms, et après quelques embrassades et les présentations qui
s’imposent, nous nous dirigeons vers le gîte, perdu dans la
campagne à quelques kilomètres de là. Arrivés,
après seulement quelques tours de village, à ce bel endroit
qui nous accueillera pour la nuit, nous rencontrons d’autres personnages
éminents : Olwen et Sellig. Nous montons nous installer dans nos
chambres quand tout à coup arrivent la clairière Altitona.
Mirelune, Séléna, Arylwren ( qui à ce moment là
était encore Arylwren ), Owstf et Eber qui a conduit sa clairière
avec brio au point de ravitaillement. Nous faisons donc ripaille puis nous
nous dirigeons en silence vers le frêne du jardin autour duquel nous
nous disposons en cercle. La magie opère, la terre semble disposée
à nous accueillir et nous la remercions donc par les paroles sages
de Sellig, Syd et Arouez. Il est temps pour nous de dormir. Certains se
lèvent à l’aube pour leur rituel d’initiation.
Sellig, Owstf et Eber décident quant à eux de rester un peu
autour de la table pour refaire le monde grâce à des idées
merveilleuses…et du génépi.
Le lendemain matin, après une nuit réparatrice prémonitoire
d’une bonne journée, et un petit déjeûner rapide,
nous nous dirigeons ver Epernon où nous attendent le reste des membres
de l’Odet de même que quelques sympathisants nordisants qui
passeront la journée en notre compagnie. Tout le monde est réunis,
nous nous reconnaissons, nous nous sourions puis nous partons faire quelques
courses pour le repas de midi et nous en profitons pour dévaliser
le magasin de fleurs. Mais vite, la forêt nous attend et après
quelques minutes de marche, nous arrivons dans un endroit magique, une clairière
illuminée d’un beau soleil de printemps qui semble heureuse
de nous avoir en son sein. Les couronnes de la Belle de Mai et du Seigneur
de la Lande sont préparées dans la bonne humeur, des petits
bouquets sont confectionnés, nous sommes en harmonie. Puis le cercle
est formé et déjà la magie opère. Le silence
se crée, le lieu nous enrobe de sa douceur. Son gardien et les esprits
sont appelés tour à tour, la force pénètre le
cercle. Syd et Sellig, tour à tour animent avec ferveur, sagesse
et poésie ce cercle qui nous réunit. La belle de Mai et son
Seigneur de la Lande sont mis en scène et nous révèlent
toute la beauté, la fertilité du printemps, en ce jour de
Beltaine. Ils sont là, devant nous, symboles de fraîcheur et
d’une nouvelle époque où la Vie sera reine. Puis c’est
au tour de notre couple de mariés d’être au centre du
cercle. Leur union est soumise aux forces de la nature, ils choisissent
une liaison et un bonheur éternel et goûtent à la douceur
du miel comme ils goûteront à la sérénité
qui les attend. Leur union est constatée et l’heure des présents
est arrivée. Les mariés reçoivent avec joie toutes
ces petites choses au grand symbolisme. Puis ils reviennent sur le cercle
et le temps des offrandes est venu. Chacun apporte aux feux de Beltaine
ses petits secrets, certains s’expriment sur leurs dons, d’autres
vivent ce moment avec intensité mais en silence. Une ronde, une spirale
infinie est ensuite formée. Nous nous donnons les mains puis nous
passons et tournons autour des feux dans un mouvement hypnotique qui nous
transporteras au centre du cercle lorsque la spirale s’arrête,
pour repartir dans l’autre sens. Moment d’éternité,
moment d’intensité, on n’a pas envie d’arrêter
de tourner. Chacun rejoint alors sa place, les esprits sont remerciés,
la magie a opéré. Nous nous remercions, nous nous embrassons,
nous nous souhaitons un bonheur inaliénable, nous sommes transcendés
par le moment présent.
Vient ensuite l’heure du repas puis, enchantés par l’ici
et maintenant, émerveillés par ce lieu si mystique, certains
décident de s’endormir sous la protection des arbres, d’autres
( la plupart d’entre nous ) participent à une table ronde animée
par Syd où chacun peut s’exprimer sur l’Odet, sur ses
sentiments du moment, sur les thèmes qui lui chantent. Nos amis de
la LAPF s’expriment à leur tour et c’est avec plaisir
que nous les écoutons parler de leur expérience, somme toute
proche de la nôtre. Nous nous reconnaissons, nous nous respectons,
nous nous ressemblons. Mais l’heure des seconds rituels de don du
nom approche. Les membres Odet partent chez Jody et seuls restent Séléna,
Loïc, Arylwren, Eber, Syd, Sellig, Arouez, Fab et moi, Caillin Blaa.
Le lieu de cérémonie est préparé, Séléna,
Loïc, Arylwren et moi sommes impatients de ce qui va nous arriver,
nous rions, nous discutons, grand moment de partage avant un événement
sans nom. Puis, Caillin Blaa est appelée par son père Eber…Elle
ne sait pas encore que pour elle, une renaissance va prendre place, dans
sa tête et dans son cœur, elle ne connait pas encore le cadeau
incommensurable que va lui offrir son père, cette force, cette fusion
qui va les transcender et pénétrer leur vie. Grand moment
d’émotion, inoubliable, indescriptible. Les autres dons du
nom se déroulent devant mes yeux, avec joie, avec émotion
pour celui de Loïc qui entre dans le cercle où se trouve sa
mère. Séléna louve Blanche est nommée, Loïc
prendra ou plutôt gardera le nom que lui a donné sa maman et
qu’il porte fièrement : Florent, Arylwren deviendra Catlyne
sous le conseil avisé d’Eber, macfuirmid de sa clairière
et je resterai Caillin Blaa, fille fleur, fille d’Eber, émue
par une grande fierté et un sentiment de renouveau.
Après tant d’émotions, nous nous dirigeons chez Jody
et Bagher qui résident à quelques kilomètres de là.
Nous y prenons un repas réparateur, nous discutons, échangeons
nos émotions puis nous nous installons au salon, près d’un
feu de bois où nous entamons de belles chansons. La joie et l’amitié
se lit sur les visages encore souriants de la journée passée.
Mais la fatigue se fait ressentir et il est temps de retourner au gîte
pour une nuit teintée de beaux rêves, réminiscences
des moments passés en Carnutes.

Les 2 feux de Beltaine (photo Fab)
Déjà la 1er Mai, il est maintenant l’heure des aurevoirs.
Chacun reprend sa route, chacun de son côté. On n’a pas
envie, non, on n’a pas envie de se quitter, de repartir. On fait durer
les derniers moments qui nous lient, on essaye de puiser un maximum de chaleur
dans l’ici et maintenant, on ne veut pas partir, non, restons, restons
encore un peu…
Rendez-vous est pris pour de futures rencontres et c’est des souvenirs
plein la tête et une émotion plein le cœur que nous reprenons
le train pour le Sud de la France, qui, c’est sûr, nous verra
sous un autre jour maintenant.
Un seul mot, pour terminer, le cœur serré, cette description
: merci, merci à tout ceux qui étaient présents, physiquement
ou par l’esprit, merci à la terre Carnute de son accueil, merci
à la Nature pour nous guider, merci Syd pour ta douceur, merci Sellig,
Arouez pour vos mots de sagesse et merci Eber pour…tout, tout ce que
tu m’as apporté en ce jour de Beltaine, pour tout ce que tu
m’as toujours apporté. Que tu sois toujours fier de ta fille
fleur.
Caillin Blaa
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Je suis Païenne
Je suis païenne quand ce mot rattache à la racine
de pagus, de paysan, près de la Terre Sacrée. Quand ce mot
veut dire aussi, avant que les croyances ne s’attachent plus au ciel
et aux lueurs claires, oubliant notre obscur et reposante nuit, ventre maternel
et grottes ancestrales.
Sans aucun doute, le paganisme aujourd’hui représente un vaste
ensemble de pratiques et souffre des habitudes contemporaines de porter
l’individu au pinacle ou au statut de roi. Le paganisme est pourtant
l’antithèse du chacun pour soi, autant que le contraire du
nivellement par la foi.
D’abord il est lié à la nature. Il
n’est pas et ne pourra pas être une croyance issue de l’homme
et de son cerveau, versatile et analytique. Il n’est pas une course
à l’ésotérisme, il n’est pas un syncrétisme
à tous vents, chacun remplissant son petit panier de « courses
» au supermarché des croyances mondiales. Le paganisme possède
un sol terrien et ancestral ou couvent ses racines, il est la base originale
de toutes les contemporalités vivantes. Il est caché sous
bien des boisseaux, mais son essence ne sort pas d’une boite magique,
il est ramifié, relié, tissé comme les fils des araignées
du temps qui passe.
Je n’ai pas l’impression de tomber de nulle part, même
pas de la lune, mais de poser mes pas sur les racines fortes des arbres
et d’y sentir encore la sève courir, nourrir mes pieds, de
symboles et de rêves, mémorisés dans la Terre.
Il est lié aux croyances traditionnelles et ancestrales, des fois
natives, aux montagnes et aux fleuves de chaque plis de la terre.
C’est un message naturel et une vérité accessible à
tous.
C’est la nature qui est le guide, la source d’inspiration, la
nature et ses lois, ses énergies vivantes.
Ce mot de païen porte en lui diverses vérités, comme
« le soleil se lève à l’est » et «
la mort est un passage par lequel nous passerons tous ». Aucun humain
ne peut le contredire. Ces vérités furent la base des croyances
ancestrales, et c’est à elles que je me relie, que je me nourrie.
Ne pas rejeter cette ombre obscure de la nuit, au coté
des forces belles des jours, représente pour quiconque regarde autour
de lui une réalité. Cette réalité est celle
des forces féminines et masculines, non pas dans un combat dualiste
mais dans une danse d’amour, danse qui consiste à se chercher,
à se trouver, à s’épouser, puis à recommencer
la danse. Le regard païen sur les cycles ainsi engendrés ne
peut que révérer en ce sens les polarité mâles
et femelles des essences de la nature, et à travers cela les essences
à la fois mâles et femelles des divinités.
Ce n’est pas tant que le païen porte préférence
à la Dame ou aux sources des ventres féminins de sexes dits
maudits, c’est qu’il voit et qu’il accueille avec joie
ces deux pôles sacrés qui lui donnent la vie, chaque instant,
chaque souffle du monde. Oui, c’est avec joie qu’il soulève
le voile oublié des Déesses magnifiques hantant les ciels
et les tertres des terres. Il sait que sans Elles les Dieux se languissent
et pleurent, sans Elles, les fils et les pères perdent le sens de
l’éternité. Comme l’on toujours chanté
les anciens des anciens, chaque ventre de Déesse aspire à
se remplir de joie et chaque bras de fils se veut le chevalier portant les
oriflammes des soleils divines.
Il n’est pas besoin de haute philosophie ni de grands
discours pour traverser l’espace imparti aux humains, rester en extase
devant la beauté du monde et de ses rouages, comprendre comme nous
sommes dépendants de cette eau du ciel et de cette terre qui marne.
Faut-il tant réfléchir pour voir notre besoin de lumière
et de paix dans la nuit ? Faut –il fléchir beaucoup pour poser
notre front sur le sol sacré qui nourrit et notre âme et nos
corps ? Faut-il sortir des écoles des hommes pour voir avec ses yeux
et son cœur, que nos gestes et nos mots font flétrir la douceur
de l’air et l’aigreur des tempêtes ? Sommes nous innocents
? Sommes nous imbéciles ? Sommes nous condamnés ? Ou bien
comme chaque feuille d’automne devons - nous suivre notre course folle
vers l’hiver, conscient de notre trajectoire, avec humilité
faire ce que nous devons faire dans le respect de ce qui est ? Responsable,
responsable devant soi, devant la vie, devant la mort, responsable du Sacré
et de la bonne chute de la feuille qui tombe. Nous nous sentons comme un
maillon de la chaîne d’amour qui nous relie : ni enfants tyranniques,
ni roi de la terre. Le Païen trouve sa place et s’y attache à
être responsable. Ses moindres gestes, ses moindres mots portent répercussions
sur ce qui l’entoure au même titre que ce qui l’entoure
se réverbère sur lui.
Le païens est donc un apprenti, un qui se reconnecte
aux sources ancestrales et natives
Il est un qui réapprend et reprend la danse.
Il m’est arrivé de regarder la lune tout autant
qu’un soleil. D’y voir tout autour les bienfaits du repos, que
ceux des danses actives . Il m’est arrivé de m’y sentir
si rien, et si incluse, dansant au cercle de la vie, de mon oeil qui se
cale aux angles des nuits blanches aux aubes qui me gobent et m’offrent
le vertige.
Alors ce paganisme est aussi dans mon souffle, qui s’est uni au bois
et aux sources sauvages, aux rires des enfants, aux silences des vieux.
Et chaque jour qui passe, chaque instant malhabile dans cette vie moderne,
si loin de mes espoirs, je l’unie à la vie et aux morts indociles,
c’est un grand cri de joie et de force terrible : je suis païenne.
Syd
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